Ah! Dracula...
La belle époque...
Récemment, j'ai relu le "Dracula" de Bram Stocker (qui prenait la poussière depuis des années sur ma bibliothèque) et j'ai été surprise et enchantée d'être encore captivée par l'atmosphère si particulière de ce livre.
"Oui, c'est bon, c'est encore une histoire de vampires, rien de nouveau sous le soleil!" , serez-vous peut-être tenté de me dire (ce qui est normal puisque d'après les légendes, on ne voit pas beaucoup de vampires sous le soleil). 

Je ne pourrais pas vous contredire là-dessus, c'est en effet une histoire de vampires...
Mais pas seulement, et loin de là. 


Car Dracula est au vampire ce qu'une Rolls Royce est aux voitures, quand Twillight se contente d'être une sympathique deux-chevaux...
"Dracula" est un bouquin très particulier, déjà parce qu'il est composé de lettres, d'extraits de journaux intimes, de télégrammes et d'articles de presse. C'est quelque peu déroutant au début, mais très vite, la richesse du récit s'empare du lecteur et ne le lâche plus.
L'ensemble vous emmène au coeur de l'histoire et des personnages.
Je dis personnages, mais ils sont si vivants, que l'on croit lire les péripéties vécues par des personnes qui auraient existé il y a prés de 100 ans.

Mais au-delà du contexte fantastique, ce sont les relations humaines que je trouve passionnantes dans cet ouvrage.
Bram Stocker était irlandais, et son enfance fut baignée par les récits et légendes dont l'Irlande regorge. Devenu écrivain, il a vite intégré la société culturelle britannique.
J'imagine qu'il avait par rapport à la société anglaise une vision quelque peu romantique et idéalisée. Car la courtoisie et le sens de l'honneur baignent chaque page de son ouvrage.
Même le méchant Dracula a une noblesse innée et indiscutable.

Chaque personnage du livre éprouve une grande estime et un profond respect pour ses compagnons d'aventure. Il y a une confiance presque aveugle entre eux.
Et lorsqu'un membre de leur équipe leur présente quelqu'un, ce quelqu'un bénéficie directement de la même confiance et de la même estime. Car il leur semble évident qu'un ami n'aurait jamais introduit dans leur groupe une personne qui ne soit pas digne de respect.
En gros, les amis de mes amis sont mes amis, et il n'y a pas trace de méfiance entre les protagonistes de l'histoire (sauf envers Dracula, ce qui est logique puisque c'est le méchant...).

Cela me semble tellement beau (excusez mon côté un peu naïf, s'il vous plaît!), une société où à la première rencontre avec quelqu'un, on est directement considéré avec bienveillance, accueilli avec joie, tout simplement parce que la première idée des gens serait que les autres ont obligatoirement des qualités.
Et cela me semble tellement triste, par comparaison, de voir que le monde dans lequel on vit est à l'exact opposé de celui de "Dracula".

Aujourd'hui, quand on arrive quelque part, on sent plus souvent de la méfiance qu'un accueil chaleureux. Les gens semblent toujours intéressés, ou pensent que leur visiteurs le sont.
A notre époque, on ne croit plus à la sincérité, mais on soupçonne des arrière-pensées. 
On ne croit plus à l'éloge, mais on manie la critique avec passion.
On ne croit plus à l'honneur, mais on pense que la fin justifie les moyens...
Bouh, que c'est navrant, tout ça...!

Alors, si par hasard, comme moi, vous avez ce regret des relations humaines simples, saines et chaleureuses, plongez dans "Dracula", de Bram Stocker. A sa lecture, on se prend à rêver d'un monde où un vampire serait le pire, mais où le reste ne serait rien d'autre que le meilleur...

AS. Cath

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