Femme libre et ... dépensière?
On dit que les femmes, souvent, ont la main légère en ce qui concerne leur porte-monnaie.
Il y a sans doute du vrai là-dedans...
Après tout, n'avons-nous pas une réputation d'expertes du shopping?
Cela n'est malheureusement pas mon cas, même si j'aimerai beaucoup développer quelques compétences dans ce domaine.
Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer: je visite régulièrement les magasins, et je dégaine ma carte de banque aussi vite qu'une autre.
Quand je rentre dans une boutique, j'inspecte les différents articles, j'en saisis quelques uns avec fébrilité, imaginant déjà le nouveau look d'enfer que je vais m'offrir aujourd'hui, et je file sans plus attendre en cabine d'essayage.
Est-ce que je prends cette jupe-là avec ce top-çi? Ou bien avec ce chemisier? A moins que je ne prenne un pantalon? Avec un pull, ou bien un gilet? Et les couleurs? Est-ce que ce pantalon beige va avec ce t-shirt rouge?...
Un cauchemar, je vous dis...
Cela fait un bail que je n'ai acheté ni jean ni pantalon pour la simple raison qu'ils sont toujours trop longs (et oui, je ne suis pas une girafe, moi).
Et j'ai envie de porter un chemisier depuis des lustres, mais quand j'en essaye un, je trouve que j'ai l'air vraiment cruche (d'autant plus que les vendeuses m'assurent que cela me va bien avec un air tellement hypocrite).
Je ne vous raconte pas la frustration à chaque fois que je fais une tentative de shopping: tout d'abord l'excitation, ensuite, la désillusion, pour finir par sortir du magasin les mains vide, tout simplement parce qu'il y a trop de choses, et que je n'arrive pas à choisir. Ajoutez à cela le fait que je n'ai absolument aucun instinct fashion, et cette impression, par moment intense, que rentrer dans un magasin, c'est voyager dans le temps (vous ne trouvez pas, vous, qu'au lieu de créer de nouvelles modes, on nous ressort de plus en plus les anciennes?).
Et oui, vous aurez compris: je suis une handicapée du shopping!
Mais pas de la dépense, malheureusement.
Car j'ai fini par trouver une parade à ces escapades infructueuses dans les galeries marchandes: j'achète sans plus rien essayer!
Maintenant, quand je rentre dans un magasin, c'est à toute vitesse. J'attrape un truc ou l'autre qui a attiré mon oeil, je file ventre à terre à la caisse, je paie et je me sauve.
La rapidité est essentielle à la réussite de cette nouvelle façon que j'ai de faire du shopping: car un seul moment d'hésitation, et les sirènes de l'indécision reviennent me visiter, avec leur cortège de conséquences frustrantes.
Il m'arrive par moments de me demander d'où peut venir cette frénésie de dépenser? La société de consommation?
Peut-être... Mais quand je vois mon homme faire ses propres achats avec calme, réflexion et tranquillité, je me dis que la société de consommation à elle seule n'explique pas cette différence entre lui et moi. Il y a un décalage considérable entre sa façon rationnelle de consommer et la complète irrationalité de la mienne.
Et enfin, il y a peu, j'ai fait une découverte (découverte dans le sens où c'est quelque chose que je ne savais pas!!) qui m'offre un début de réponse plus sensé: c'est que les femmes n'ont pas encore l'habitude de dépenser sans rendre de compte à personne... Et oui, en Belgique, nous n'avons obtenu le droit d'ouvrir un compte personnel sans l'accord du mari qu'en 1976!
Soit il y a à peine une génération!
Alors que les hommes, depuis des centaines d'années, ont peu à peu appris à maîtriser leur pouvoir économique, comment s'étonner que les femmes en soient encore à ces comportements compulsifs quand il s'agit d'argent?
Cette liberté-là, nous ne l'avons que depuis 34 ans, et j'estime que nous sommes hautement excusables de nos délires dépensiers.
Pensez-y, la prochaine fois que votre cher et tendre vous fera les gros yeux après une virée shopping... Vous pourrez toujours lui dire: "Mais chéri, il ne faut pas m'en vouloir, cela fait partie de mon apprentissage de l'indépendance financière..."
AS. Cath

tu ne vas pas te faire que des amis avec cet article lol, surtout avec ta conclusion. Mais super
RépondreSupprimerbisous Jon
Sur ce sujet, je ne dégaine pas ma carte, je paye liquide.C'est toujours un choix difficile,
RépondreSupprimerentre sacs et chaussures!!eh oui...
Mais j'ai un bon tuc: je regarde l'objet de mon envie ,1fois, 2fois,3fois, après cette manoeuvre, j'en ai déjà moins envie. Essais, ça marche. M
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RépondreSupprimerCela me fait penser à ma façon de dépenser... car moi aussi, en tant qu'homme je dépense de façon raisonnée... et puis j'ai voulu essayer de comprendre la femme dans sa façon de vivre cet acte de ce que certains appellent consommatrice de moins de 50 ans.
RépondreSupprimerVoici ce que j'ai fait : je me suis habillé en femme pour l'occasion (oui, ma mère voulait une fille et je suis un garçon !) ensuite je me suis mis à arpenter les boutique, il s'est produit quelque chose d'étrange, je mes suis mis à rentrer dans un magasin pris d'une vitesse digne de dépasser le mur du son, ça à fait Bang! et avec rapidité j'ai pris un article et suis aussitôt ressorti. Mais pour moi se ne sont pas les sirènes de l'indécision qui ont retenti, le système d'alarme avait détecté mon empressement, j'avais tout simplement oublié de régler l'article si cher à mon désir !
Bref, je me demande aujourd'hui si il s'agissait bien de mon désir ou peut-être celui de cette société de consommation ou alors une envie féminine issue d'années de frustrations de ne pas avoir eu le droit d'user d'argent qui ont le sait est un symbole phallique dans notre société.
Bravo pour cet article !