Tout ça, c'est la faute au foot…

En tout cas, on pourrait facilement le penser, quand on voit la dégringolade du sentiment national chez les belges…

Vous souvenez-vous de cette belle année 1986?
Les Diables Rouges en demi-finale, au Mexique. Notre petite Belgique joue dans la cour des grands. Quelle euphorie a-t-on connu cette année-là! Quelle fièvre et quelle fierté…
Personnellement, je ne l'oublierai jamais.

J'avais 10 ans, et quand notre équipe s'est qualifiée pour cette fameuse demi-finale, notre voisin nous a emmené en voiture pour klaxonner notre joie à tout va.
J'étais en chemise de nuit, et, perchée à la fenêtre de la portière, j'agitais mon drapeau noir jaune rouge avec une émotion que mon pays ne m'a plus jamais inspiré depuis.
Sur la route, des files de voitures avançaient au pas, dans un concert de klaxon, et plus nous avancions, plus il y en avait…
Ce jour-là, nous étions belges de la pointe des cheveux jusqu'au bout des orteils, nous étions belges et fiers de l'être, heureux de l'être, et personne ne se proclamait wallon ou flamand.

Nos joueurs ont finalement arrêté leur ascension à la 4è place, et à leur retour, ils furent accueillis par la foule et par le Roi, tels des héros modernes ayants réussi l'exploit de l'impossible. 
Je ne crois qu'il y ait eu d'autres équipes de foot à travers le monde qui aient reçus autant d'honneurs pour une 4è place que nos Diables cette année-là…

Et après cela…!
Et après cela?
Après avoir frôlé le sommet, ils sont retombés plus bas que terre.
A chaque nouveau championnat, leur seul exploit était de se faire ratatiner de plus en plus vite, pour finir par ne même plus parvenir à se qualifier à une compétition internationale…
Pour leur donner une chance de se relever, le pays, en partenariat avec les Pays-Bas qui sont des voisins compatissants, a organisé l'Euro de l'an 2000. Nos Diables n'ont même pas passé le premier tour… 
Et pour espérer participer à une Coupe du Monde, la Belgique a posé sa candidature pour les années 2018 et 2022.
Qui vivra verra, comme on dit…

Et donc, voilà pourquoi je dis que nos Diables se font l'associé du diable dans cette triste époque que vit notre pays. Avec eux, nous étions belges. Sans eux, que deviendrons-nous?

Vous me direz peut-être que nos joueuses de tennis nous donnent la gloire que nos footballeurs n'atteignent plus.
Mais non, cela ne marche pas.
Car tels des parents qui auraient leur préférence parmi leurs bambins, les flamands ont la leur et nous avons la nôtre. De Kim ou de Justine, laquelle, à votre avis, nous donne le sentiment de notre belgitude?
En cas de duel entre elles, ce n'est pas une belge qui gagne, mais c'est la Belgique qui y perd.
Et nos identité régionales prennent le pas sur notre âme nationale…

Le déclin de notre football et l'essor de notre tennis font le jeu des personnages avides de séparation.
L'avenir de la Belgique serait-il entre les mains de nos joueurs de foot?
Peut-être en partie.
Et si la Belgique réussit à continuer à exister jusqu'à un championnat international, et si alors notre équipe, enfin, réussit un nouvel exploit, et bien j'ai le sentiment que nous sentirions s'éveiller dans nos coeurs une étincelle, une chaleur… la fierté d'être de nouveau, tous ensemble, belges.
(Mais bon, c'est vrai que cela fait beaucoup de "si", tout ça…)


AS. Cath

1 commentaire:

  1. Notre grande France n'a pas vraiment à vous envier ! Certes on se qualifie douloureusement et on est pas manchot dans les cas là....mais on reste également sur 98 avec une nostalgie et les histoires de fric, de putes salissent bien ce sport national!!!
    Tout se casse la figure mais on essaie de sauver les apparences!!

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