Une "mode" de communication
Nos expressions s'inspirent souvent du monde qui nous entourent. Grâce à elles, on peut aussi prendre la mesure du changement de ce monde.
Pendant longtemps, le monde naturel a été l'inspiration de la plupart des expressions, des métaphores, que nous utilisons dans notre quotidien.
Nous étions bavard comme une pie, à l'aise comme un poisson dans l'eau, nous prenions la mouche, avions une faim de loup, passions du coq à l'âne et pratiquions la politique de l'autruche.
Mais on ne peut que constater un énorme changement, quand une grande partie du monde passe en mode "mode".
C'est un signe qui ne trompe pas: l'environnement rapproché de l'homme n'est plus le naturel, mais bien la technologie.
Pour preuve, toutes ces nouvelles expressions : que l'on soit en mode repos, qu'on disjoncte ou qu'on soit connecté, on traduit, un peu (beaucoup?), une identification aux machines et autres programmes qui font notre quotidien.
Loin de moi l'idée de critiquer les nouvelles technologies. Personnellement, j'aime beaucoup le confort et la facilité qui en découlent, même si l'installation de ces technologies est parfois (souvent!) source d'énervement.
Mais une fois que tout est bien branché, bien connecté, et bien configuré, il ne reste plus qu'à profiter de nos nouveaux jouets! Et je trouve ça vraiment fun…
Et donc, nous devons prendre conscience maintenant que nous vivons au milieu de forêt de câbles (souvent invisibles), nous évoluons au coeur d'ondes de tous calibres, environnés d'écrans de toutes tailles.
Rien d'étonnant donc qu'au lieu d'être rapide comme une gazelle, on soit plutôt haut-débit.
La question est de savoir si ce changement d'identification est positif ou négatif.
Je trouve, par exemple, que cette récente façon d'exprimer ses sentiments est vraiment plus soft et moins agressive.
Il est en effet moins impressionnant de voir quelqu'un en mode colère, que de se dire qu'il a bouffé du lion.
Et le mode tristounet inspire, à mon avis, moins de compassion que quelqu'un malheureux comme les pierres.
Cela devient même moins stressant de vivre dans une Belgique en mode scission ou une France en mode Sarko. On se rend mieux compte du côté "passager" des situations désagréables.
Alors, si cela permet à chacun de modérer ses émotions fortes, en vue d'un monde plus calme, pourquoi pas.
As. Cath

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